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Les coulisses de la sténotypie : quand nos clients nous surprennent

Dans notre métier, on aime dire qu'il n'y a pas deux réunions identiques. Mais parfois, certaines missions dépassent tellement le cadre de ce qu'on peut anticiper qu'elles méritent qu'on en parle. Avec le recul, et une bonne dose d'humour, bien sûr.

Voici un florilège d'anecdotes vécues par nos équipes — les noms et lieux ont été légèrement modifiés pour préserver la dignité de tout le monde, clients inclus.


"Tapez moins vite, s'il vous plaît"

Commençons par un grand classique du genre. Lors d'une mission de sous-titrage en direct dans une grande institution parisienne, notre équipe se retrouve face à une présentatrice visiblement sous pression : son planning a pris du retard, et elle décide de compenser en parlant à une vitesse… disons, athlétique. Nos sténotypistes, habitués à des cadences élevées, s'accrochent. Ils suivent. Le texte défile. Vite. Très vite.

C'est là que la demande arrive, formulée avec tout le sérieux du monde par le référent client : "Est-ce que vous pouvez taper un peu moins vite ? Les gens n'ont pas le temps de lire."

Vous avez bien lu. Moins vite. Pendant que la présentatrice enchaîne les mots à un rythme qui ferait rougir un rappeur professionnel.

Il a fallu, avec tout le professionnalisme dont nous sommes capables, expliquer que le sous-titrage en direct, par définition, retranscrit ce qui est dit — et que si quelque chose devait ralentir, c'était peut-être la source sonore plutôt que le clavier. La suggestion a été accueillie avec une certaine surprise. La présentatrice, elle, n'a pas ralenti d'un iota.


L'Anglais, la LSF, et Google Traduction en renfort

Même équipe, même lieu, autre journée. La mission : assurer le sous-titrage pour un public sourd et malentendant. Jusque-là, tout est clair. Sauf que la présentatrice principale s'exprime exclusivement en anglais. Et que le client a effectivement prévu des interprètes — mais uniquement pour traduire l'anglais vers la langue des signes française.

Personne n'a pensé à prévoir un interprète vers… nos sténotypistes.

Qu'à cela ne tienne. Armés du texte de la présentatrice, d'une connexion internet et d'une bonne dose de sang-froid, nos collègues ont assuré eux-mêmes une traduction à la volée, phrase par phrase, avec copier-coller en temps réel pour afficher le tout comme un sous-titrage classique. Puis est venue la session de questions-réponses, en français cette fois, mais avec des réponses en anglais à retranscrire instantanément en français.

"On avait de la fumée qui nous sortait des oreilles", résume sobrement l'un des protagonistes.

Mission accomplie. Dans la salle ce jour-là, il y avait aussi Lara Fabian. Journée ordinaire dans l'extraordinaire, donc.


Six heures de procès, un banc en plastique, et pas de table

Dans le registre des conditions de travail mémorables, difficile de ne pas évoquer cette mission fleuve dans le cadre d'une longue procédure judiciaire impliquant un grand opérateur ferroviaire national. Six heures de séance par jour. Des débats d'une technicité redoutable. Une interdiction formelle d'enregistrer le son. Et un rendu en temps réel exigé en fin de séance.

Le tout… assis sur un vieux banc en plastique, sans table dédiée. Pour un métier qui exige concentration absolue et posture stable, on a connu plus ergonomique. Mais la prestation a été livrée, dans les temps et sans faute, comme toujours.


9h du matin jusqu'à 3h du matin — et des interprètes qui chuchotent

Quand on parle de longues journées, certaines de nos collègues pourraient écrire un roman. Dont cette mission en province, partie de 9h du matin pour s'achever à… 3h du matin. Dix-huit heures de session, avec pour seul accompagnement sonore des interprètes murmurant sans cabine d'isolation. La prise de note en continu, dans ces conditions acoustiques et de fatigue, relève de l'exploit sportif autant que professionnel.


Assignée jusqu'à 23h

Dans un contexte social particulièrement tendu, l'une de nos sténotypistes s'est un jour retrouvée bloquée en salle de réunion jusqu'à 23h — les représentants syndicaux ayant décidé de ne pas lever la séance tant qu'un accord n'aurait pas été trouvé avec la Direction. Personne ne partait. Elle non plus, donc.

Neutralité, discrétion, patience : les maîtres-mots du métier, poussés ce soir-là dans leurs derniers retranchements.


Le porte-voix dans les oreilles

Toujours dans un climat social électrique, un autre épisode restera gravé dans les mémoires. Un délégué syndical, visiblement peu enthousiaste à l'idée de voir les débats consignés par écrit, a choisi une méthode radicale : braquer un porte-voix directement dans l'oreille de la sténotypiste pour l'empêcher de prendre correctement ses notes.

La tactique était, disons, créative. Elle n'a pas fonctionné.


Quand le quotidien dépasse la fiction

Certains de nos collègues ont une carrière qui ressemble à un scénario de série télévisée. Au fil des années et des missions, ils ont pu observer ou gérer : des tentatives de séquestration, des œufs lancés dans les couloirs, des manifestations improvisées, des envahissements de salle, ou encore des pétards qui éclatent à quelques mètres de leur poste de travail. L'un d'eux s'est même retrouvé oublié dans une salle après la fin de la réunion, ou bloqué dans des toilettes.

On leur a demandé de noter les émotions des intervenants entre parenthèses — "d'un ton irrité", "en colère" — comme des didascalies de pièces de théâtre. On les a pris pour des journalistes sur des sites en grève. Une personne a tenté de passer par une fenêtre. Une autre a jugé bon de montrer ses fesses à la Direction.

Ils ont tout noté. Professionnellement.


Ce métier, en quelques mots

Derrière chaque compte rendu livré dans les temps, chaque sous-titrage réussi en direct, chaque procès-verbal rendu en fin de séance après six heures de débats techniques, il y a des hommes et des femmes qui s'adaptent en silence à des situations que personne n'avait anticipées — ni dans le contrat, ni dans le brief, ni dans leurs pires cauchemars.

C'est ça aussi, la sténotypie. Un métier de l'ombre, de la précision et, on peut le dire maintenant, d'une résilience à toute épreuve.

Et si demain un client nous demande de taper moins vite… on sourira. Intérieurement.


Parlons de vos prochains comptes rendus

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