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La sténo du général de Gaulle

Deux films consacrés au général de Gaulle viennent de rassembler plus de cinq millions de spectateurs en salle. Mais derrière les discours et les images d'archives, une autre histoire, plus discrète, mérite d'être racontée : celle de Simone Baladi, sténotypiste qui accompagna le Général dans ses voyages officiels et saisit, mot pour mot, des décennies de paroles publiques. Aujourd'hui disparue, elle a légué sa machine à Julien Lebon, sténotypiste et associé de Congrès 2000.

Une femme discrète derrière les discours du Général

Au printemps 2026, le général de Gaulle a fait un retour triomphal sur les écrans : le diptyque « La Bataille de Gaulle », porté par Simon Abkarian, a réuni plus de cinq millions de spectateurs en France. Mais un chef d’État ne parle jamais seul. Ce jour de 1965 où l’horaire déraille et où on la fait grimper en catastrophe dans l’hélicoptère présidentiel pour rattraper le retard, Simone Baladi a une exigence avant de monter : que sa machine de sténotypie reste au sol. « Je ne voulais pas que mes machines viennent avec moi, parce que si on tombe, je ne veux pas qu’elles se cassent », expliquera-t-elle en riant, des décennies plus tard, sans sembler remarquer qu’elle venait de placer l’objet avant elle-même.

Cette femme-là a passé une partie de sa vie assise à quelques mètres du Général, à saisir ses mots au rythme où il les prononçait. Aujourd’hui disparue, elle a confié sa machine à Julien Lebon, sténotypiste associé de Congrès 2000, qui l’a rencontrée à deux reprises, en 2017 puis en 2018, par l’entremise de l’école Grandjean de sténotypie, et a gardé le souvenir d’une femme pleine d’entrain, d’une vivacité d’esprit intacte malgré son grand âge.

L’apprentissage d’un métier d’exception

Simone Baladi apprend la sténotypie durant l’Occupation. Sa mère lui fait très tôt abandonner le patinage, le tennis et l’équitation : le geste sportif abîme les mains, et les mains, dans ce métier, sont l’outil de travail. La formation exige une frappe d’une régularité et d’une rapidité qui ne tolèrent pas l’à-peu-près, ni sur le clavier, ni dans les doigts qui le manient.

En 1942, elle passe un test d’embauche au Conseil supérieur de l’économie industrielle et commerciale, rue de Monceau à Paris, en concurrence avec une autre candidate qui prend la même séance en parallèle. Elle ne commet qu’une seule erreur sur toute la séance : elle a entendu de loin « planifier » et tapé « magnifier ». Des décennies plus tard, elle s’en amuse encore : « Ça avait son sens, autrement je ne l’aurais pas mis. » Elle est engagée comme salariée, une situation qu’elle quittera vite pour s’installer à son compte.

Sa vitesse de frappe attire aussi l’attention de Georges Scapini, l’ambassadeur chargé sous le régime de Vichy des questions concernant les prisonniers de guerre français, qui aurait voulu l’emmener travailler à Berlin. Ses parents s’y opposent et obtiennent qu’elle reste en France.

Contrairement à la sténographie, qui note la parole à la main au moyen de signes graphiques, ou à la dactylographie, qui reproduit un texte lettre après lettre, la sténotypie permet de saisir la parole au rythme où elle est prononcée, en appuyant simultanément sur plusieurs touches d’un clavier réduit pour former des mots entiers. Simone Baladi revendiquera toute sa vie une vitesse de pointe de 240 mots à la minute, qu’elle situe au-dessus de ce qui se pratique aujourd’hui, malgré des claviers beaucoup plus souples et ergonomiques.

Dans l’ombre du général de Gaulle

Ces tournées en province, où le Général aime descendre de voiture pour serrer des mains et prendre le pouls du pays, sont restées dans la mémoire du gaullisme comme des « bains de foule » : une manière, selon les historiens, de s’adresser directement aux Français par-dessus les partis. Simone Baladi n’était pas la titulaire attitrée du poste. Elle hérite de ces voyages officiels parce qu’une consœur plus âgée, mademoiselle Moussouri, s’épuise à suivre le rythme des déplacements et s’en plaint à la responsable de la télévision, madame Chardon. « On est tombé sur moi parce que je suis plus jeune et que je pouvais trotter », résume-t-elle sans fausse pudeur.

Elle intègre alors une petite équipe de tournage de la télévision d’État : le journaliste Michel Droit, qui présente le journal télévisé du soir et sera, entre 1965 et 1969, le seul journaliste autorisé à interviewer le Général en direct, avant d’entrer à l’Académie française en 1980 ; le réalisateur Jacques Anjubault ; un assistant, monsieur Cécillon ; un motard surnommé « Loulou ». Autour d’elle, dès qu’elle descend de voiture, se referme un cercle de CRS : à son cou, elle porte le collier de presse de la présidence, avec son macaron, qui la fait reconnaître et escorter comme les autres membres du dispositif officiel.

Les conditions de travail, elles, n’ont rien d’un bureau ministériel. Pas toujours de table, pas toujours de chaise : « Souvent, c’était à quatre pattes par terre », raconte-t-elle. « Je tape vite, que ce soit à quatre pattes ou couchée, ou n’importe quoi, ça ne me gênait pas. » Un jour, à Orléans, en retard, elle doit être hissée par les soldats au-dessus de la troupe pour rejoindre son poste par une fenêtre : le Général, en la voyant surgir, aurait lancé : « Oh, tiens, voilà un étrange oiseau. » Une autre fois, croisée en courant dans les couloirs d’un hôtel de ville, elle le percute presque : « Mademoiselle, il me semble que nous nous rencontrons souvent », lui dit-il, pince-sans-rire.

Elle perçoit aussi, mieux que quiconque, l’envers du décor. Sous sa chemise, le Général portait, disait-on dans l’entourage, plusieurs pulls superposés contre le froid des tournées interminables ; épuisé entre deux étapes, il se redressait d’un coup dès que la voiture entrait dans une ville, comme si la fatigue n’avait plus le droit de se voir. Il lui arrivait aussi de faire arrêter le cortège au bord d’une route de campagne pour embrasser de jeunes mariés qui attendaient là, en habit de noces, sur son passage : « C’était le bonheur, dit-elle, c’était gentil. »

Il y a aussi des scènes plus burlesques. Dans une ville où la foule se presse le long du cortège, elle a un besoin urgent : les CRS chargés de sa sécurité font évacuer les toilettes réservées aux hommes d’un bâtiment public et montent la garde à la porte, tandis que la foule s’entend répéter « circulez, circulez » sans rien comprendre. Le Général lui-même, se souvient-elle, faillit ce jour-là trébucher sur ses mots en plein discours – « sa langue s’est enfourchée », dit-elle en riant – avant de se reprendre de justesse.

De cette proximité avec le pouvoir, elle ne tire pourtant ni anecdote intime ni confidence politique : sa fonction est d’être un instrument fidèle, jamais un témoin qui parle. « Jamais, jamais, jamais », répond-elle, des décennies plus tard, quand on lui demande si l’on a cherché à la faire parler. « Je n’y connais rien. » Une journaliste de la télévision, mademoiselle Piétri, l’appelle un jour simplement pour lui dire sa surprise de l’avoir vue filmée en plein travail, un sourire aux lèvres : « Comme c’est agréable de voir quelqu’un qui n’est pas crispée […] vous aviez un sourire, c’était vraiment un bonheur de vous regarder. » Le compliment, plus que n’importe quel autre, la touchera.

Une témoin au cœur de l’Histoire

Les clients de Simone Baladi dessinent, mis bout à bout, une traversée tour à tour truculente et grave de plusieurs décennies de vie publique française. Elle assiste ainsi, immobile derrière sa machine, à une remise de médailles où Jean Gabin est récompensé pour son élevage de vaches en Normandie et Walt Disney pour son œuvre en faveur des animaux, l’épouse de ce dernier coiffée, se souvient-elle en riant, « d’un chapeau qu’on aurait dit une laitue ». Fidèle à sa discipline, elle est, dit-elle avec fierté, « probablement la seule à ne pas avoir couru derrière lui pour un autographe ».

Elle travaille aussi pour Frédéric Joliot-Curie, prix Nobel de chimie en 1935 avec son épouse Irène, et premier haut-commissaire du Commissariat à l’énergie atomique, qu’il contribue à fonder en 1945 avant d’en être écarté en décembre 1950, en pleine guerre froide, en raison de ses engagements communistes. Elle se revoit, un soir, découvrir à la télévision une image d’elle assise juste à côté de lui, derrière sa machine, sans même avoir su qu’on la filmait : « Ce n’est pas moi qu’on filmait, c’est Joliot-Curie qui était à côté de moi. »

En 1962, alors que le général de Gaulle engage l’accélération de la décolonisation, elle prend les séances du ministère de la Coopération, rue Barbet-de-Jouy, sous l’autorité du ministre Raymond Triboulet. Elle croise aussi Maurice Schumann, qui fut depuis Londres la voix de la France libre sur les ondes de la BBC pendant la guerre avant de devenir l’un des plus proches compagnons du Général, et qu’elle retrouve, dit-elle, « souvent » à l’Élysée ou à Matignon. Un peu plus tôt, avant son mariage, elle assiste à une réunion de travail liée à la construction de la Communauté européenne du charbon et de l’acier : scellée par le traité de Paris du 18 avril 1951 sous l’impulsion de Robert Schuman, cette organisation associant la France et l’Allemagne de l’Ouest est considérée par les historiens comme l’acte fondateur de la construction européenne. Simone Baladi, elle, n’en garde qu’un souvenir flou, incapable, des décennies plus tard, d’en dater précisément la séance.

Sa discrétion et son sérieux lui ouvrent des portes rarement franchies par une femme dans les années 1960 : à l’Institut de France, où elle prend les séances de l’Académie française, le secrétaire perpétuel la fait un jour rester alors que l’assemblée s’apprête à siéger en comité secret. « Madame, c’est la première fois qu’une dame assiste à nos comités secrets », lui aurait-il dit – un souvenir qu’elle rapporte avec une fierté tranquille, sans qu’aucune source extérieure ne permette aujourd’hui de le confirmer au mot près.

Au Commissariat à l’énergie atomique, à Saclay et à Orsay, elle circule dans des zones parmi les plus surveillées de France : équipée d’un dosimètre, elle assiste à la sortie de barres d’uranium à l’usine du Bouchet et prend des séances dans une salle bordée d’écrans radar. « C’était très, très, très confidentiel, pire que n’importe quoi », résume-t-elle. Un responsable, la sachant fiable, lui glisse un jour : « Madame, on sait qu’avec vous, ça va. » Le compliment, dit-elle, valait plus que tout à ses yeux.

Le monde syndical lui offre un autre observatoire. Aux congrès de la CGT, elle croise Georges Séguy, qui dirige la centrale de 1967 à 1982 : à chacune de ses arrivées, en tailleur Chanel, chapeau et gants, les deux jeunes secrétaires qui l’encadrent s’alarment et se poussent du coude – « Regardez-la, celle-là ! » Son mari, lui, se lie d’une amitié improbable avec Henri Krasucki, qui succédera à Séguy en 1982 : ancien déporté à Buchenwald pour faits de résistance, devenu l’un des visages les plus populaires du syndicalisme français, il passe un soir de colloque, raconte-t-elle avec tendresse, à rire aux éclats, verre à la main, avec cet importateur de tissus d’origine syrienne croisé par hasard dans les couloirs d’un congrès.

Elle se souvient enfin d’avoir fait la révérence à la princesse Elizabeth – la future reine Elizabeth II –, en robe de soirée turquoise devant la statue de la Victoire de Samothrace, lors de la première visite officielle du couple princier en France, au printemps 1948, quelques mois après son mariage avec le duc d’Édimbourg.

La sténotypiste, gardienne de la parole

Ce que raconte, en creux, le parcours de Simone Baladi, c’est la fonction d’un métier resté largement invisible : transformer une parole vouée par nature à s’évanouir – un discours, un débat, une audience – en trace écrite fiable, utilisable, opposable. Comptes rendus de conseils d’administration, débats syndicaux, séances de tribunaux, discours ministériels, conférences scientifiques : la sténotypie irrigue, sans qu’on la voie, le fonctionnement quotidien de l’État, des entreprises, de la vie associative et judiciaire.

Sa valeur, ses clients la lui rendaient très concrètement. Un jour, l’Électricité de France, ne pouvant l’avoir à une réunion prévue, préfère déplacer la date et prévenir quarante personnes plutôt que de se passer d’elle. Ailleurs, on lui fabrique une table à ses mesures après avoir pris ses cotes en pleine séance. Ce ne sont pas des égards mondains : c’est la reconnaissance, tangible, qu’une bonne sténotypiste ne se remplace pas au pied levé.

Cette valeur suppose une discipline particulière, que Simone Baladi résume à sa manière : « C’est la force de mon métier, c’est de ne pas penser […] moi, je constate. » Ne pas commenter, ne pas interpréter, ne pas se prévaloir publiquement de ce qu’on a entendu de sensible : la discrétion n’est pas une politesse, c’est une condition professionnelle. Elle l’illustre par un geste plus concret encore : pendant des années, elle apprend bénévolement à lire les sténogrammes à des secrétaires employées par l’Association des paralysés de France, leur donnant accès à un savoir-faire et, avec lui, à un emploi.

Il ne faut pas pour autant idéaliser la fonction. Le métier, tel qu’elle le décrit, est aussi affaire de rapports de force économiques et de fatigue physique bien réelle : des journées sans siège ni table, des trajets nocturnes en voiture, des remplacements décidés dans l’urgence.

Cette même endurance, elle la retrouve plus tard dans une tout autre épreuve. Devenue l’unique soutien de son mari pendant les deux dernières années de sa vie, elle le veille seule jusqu’au bout, dans sa maison de Charente. Le jour de son enterrement, elle rentre seule, personne ne l’ayant accompagnée : « Je suis restée, je crois, deux heures, piquée là, à regarder dehors. Il n’y avait plus rien. C’était le silence de plomb. » Elle y aura vécu jusqu’à la fin de sa vie en août 2021, âgée de 100 ans, entourée de son chien, de ses poules et d’un jeune coq à qui elle répondait par la fenêtre, quand il chantait : « Moi aussi, je t’aime. »

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Comment fonctionne la sténotypie ?

Contrairement à la dactylographie, qui permet d’écrire un texte lettre après lettre, ou à la sténographie traditionnelle, qui note la parole à la main au moyen de signes graphiques, la sténotypie repose sur une machine à clavier réduit : 21 touches dans le système Grandjean, mis au point en France en 1909 et aujourd’hui conservé au musée des Arts et Métiers, à Paris. L’opérateur ou l’opératrice appuie simultanément sur plusieurs touches pour former, en un seul « accord », une syllabe entière : la frappe suit ainsi le débit de la parole plutôt que l’orthographe du mot.

Longtemps enregistrée sur un ruban de papier qu’on appelait la « bobine », la bande sténo était relue et transcrite à la machine à écrire. À partir des années 1990, la sténotypie s’est ensuite informatisée : la frappe est désormais transcrite en direct par un logiciel de transcription assistée par ordinateur, ce qui a ouvert la voie à de nouveaux usages, comme le sous-titrage en direct pour les personnes sourdes ou malentendantes.

Une machine transmise à Julien Lebon

Cette machine, qu’elle protégeait plus qu’elle-même dans l’hélicoptère du Général, Simone Baladi l’a gardée toute sa vie. Elle a cessé son activité indépendante en 1987, après quarante-cinq années de carrière, et s’est éteinte en 2021, laissant derrière elle un intérieur méticuleusement rangé, où chaque dossier client, chaque coupure de presse, chaque objet reçu au fil des séances avait sa place – et sa machine de sténotypie avec eux.

C’est cette machine qu’elle a choisi de transmettre à Julien Lebon, sténotypiste diplômé et associé de la société Congrès 2000, rencontré à deux reprises, en 2017 et 2018, par l’entremise de l’école Grandjean. Le geste n’a rien d’une démarche sollicitée. « Je ne me serais jamais permis de lui faire une telle demande, confie-t-il. Je ne m’y attendais pas du tout, mais elle a insisté pour m’offrir sa machine, avec la facture d’origine datant de 1942, et qui était comme neuve. » Un choix qui n’a rien d’anodin : à la fin de sa vie, Simone Baladi tenait à donner plutôt qu’à laisser dilapider ce qu’elle possédait – un costume ancien brodé de perles légué à l’Opéra de Paris, des mètres de velours de soie offerts pour les tutus du Lac des cygnes, des meubles et objets remis à des institutions plutôt qu’abandonnés au pillage qu’elle redoutait après sa mort. La machine suit cette même logique : aller à quelqu’un qui saura s’en servir, ou du moins en comprendre la valeur. Elle « n’en avait plus l’utilité depuis des années », rapporte Julien Lebon, et a préféré la léguer à un autre sténotypiste, « qui en comprenait la valeur historique et professionnelle » – comme « un signe de passation d’une génération à une autre ».

Pour Julien Lebon, l’objet dépasse le simple souvenir. Sténotypiste en exercice, formé aux technologies actuelles de transcription assistée par ordinateur et de sous-titrage en direct – celles-là mêmes que Simone Baladi a vu naître à la fin de sa carrière –, il incarne la continuité d’un métier que beaucoup croient disparu et qui s’est, en réalité, réinventé. Aujourd’hui, il conserve la machine chez lui et souhaiterait, si l’occasion se présentait, la présenter un jour à un plus large public, son histoire avec elle.

« Je conserve précieusement cette machine, elle représente beaucoup pour moi. Les touches en ivoire sont creusées par des décennies de frappe et j’ai même la facture d’achat, datant de 1942 ! C’est un des plus beaux cadeaux qu’on m’ait faits. » – Julien Lebon

Les techniques ont changé : au ruban de papier a succédé l’écran, à la machine mécanique un métier connecté aux outils numériques. « Bien que nos outils de travail se soient grandement modernisés, le clavier est resté exactement le même, souligne Julien Lebon. Nous sommes les scribes d’aujourd’hui, présents pour attester de ce qui s’est dit lors de réunions ou de prises de parole importantes. » La mission, elle, n’a pas bougé d’un pouce depuis les voyages officiels du général de Gaulle : recueillir la parole, l’un des matériaux les plus fragiles qui soient, et la restituer avec une fidélité totale. C’est ce fil-là, plus que la nostalgie d’une époque révolue, que la machine de Simone Baladi tend aujourd’hui à Julien Lebon.

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